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Vers une écologie des relations...

Mardi 18 novembre 2008



Au cours de sa carrière, Maslow s'est intéressé principalement aux motivations « supérieures » de l'homme dans sa hiérarchie (l'accomplissement de soi) et aux états de plénitude (expériences paroxystiques), ainsi qu'aux fondements de la santé psychique.

Sa hiérarchie des besoins signifie que l'homme n'atteint le plein développement de son psychisme que s'il est satisfait sur tous les plans : physiologie, sécurité, amour (appartenance), estime (reconnaissance) et accomplissement de soi (créativité)

Cette hiérarchie est généralement représentée sous la forme d'une pyramide qui, de la base au sommet, distingue cinq niveaux de besoins :

  1. À la base, les besoins physiologiques (tels que la faim, la soif) ;
  2. Ensuite, les besoins de sécurité et de protection (tels que le désir d'un toit ou d'une bonne assurance) ;
  3. Puis viennent les besoins d'appartenance, besoins sociaux qui reflètent la volonté de faire partie d'une famille, d'un groupe, d'une tribu ;
  4. Ensuite arrivent les besoins d'estime de soi (qui permettent de se regarder dans le miroir le matin) ;
  5. Enfin, apparaissent au sommet de la hiérarchie, les besoins d'auto-accomplissement (qui renvoient au désir de se réaliser soi-même à travers une œuvre, un engagement).

Maslow estime que les besoins élémentaires (physiologiques et de sécurité) étant satisfaits, la personne cherche ensuite à satisfaire les autres besoins d'ordre supérieur de façon à alimenter sans cesse les motivations. Un besoin d'ordre supérieur ne peut être satisfait que si les précédents le sont.

(source Wikipedia)

Par Indigo
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Mercredi 24 septembre 2008

Ne pas faire de supposition

 

Nous avons tendance à faire des suppositions à propos de tout. Le problème est que nous croyons ensuite qu'elles sont la vérité.

… Rien qu'en faisant  des suppositions et en prenant tout ce qui nous arrive personnellement, nous créons énormément de poison émotionnel, parce qu'ensuite nous médisons sur la base des suppositions.

… Nous avons besoin de tout justifier, de tout expliquer, de tout comprendre, afin de nous rassurer. Il y a des millions de questions auxquelles nous cherchons des réponses, car il y a tant de choses que notre esprit rationnel ne peut expliquer. Peu importe que la réponse soit correcte ; le seul fait de trouver une réponse nous rassure.

… le meilleur moyen de vous empêcher de faire des suppositions est de poser des questions. Vérifier que vos communications soient claires, si vous ne comprenez pas demandez, ayez le courage de poser des questions jusqu'à ce que tout soit aussi clair que possible, et même alors ne pensez pas que vous savez tout ce qu'il y a à savoir sur telle situation.

Don Miguel Ruiz

Par Indigo
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Jeudi 18 septembre 2008
"Des émotions d’enfant qui resurgissent

Si ce sentiment resurgit lors des réunions de famille, c’est que, le reste du temps, nous faisons taire l’enfant en souffrance que nous avons été. Nous avons grandi, nous sommes nous-mêmes devenus parents, nous avons construit notre vie… Et puis nous nous retrouvons projetés, sans préavis, dans cette enfance dont nous portons les cicatrices, intimes et profondes.

Ces empreintes inscrivent en nous le ressentiment, la colère, la rancœur et parfois la haine. Et nous ne parlons pas ici des sévices, de la maltraitance ou de la violence, mais d’une claque tombée au mauvais moment, de la répétition de paroles vexantes, de la position de chouchou dans la fratrie… « Il y a des blessures qui creusent des trous qui ne se referment jamais, explique la psychologue Maryse Vaillant.

Ce qui n’était pour l’un qu’un détail véniel s’est fixé dans la chair de l’autre comme une épine empoisonnée. Même en dehors des situations de maltraitance, alors que nous sommes devenus adultes, devenus vieux, des émotions venues de l’enfance peuvent nous maintenir dans une sorte de ressentiment avide ou amer à l’intention de nos parents. Ils n’ont pas été à la hauteur, ils nous ont blessés, détruits, manqués…

Et toute notre vie a été marquée par leurs manquements. C’est le roc indépassable sur lequel achoppe le ressentiment. » « Si l’on a le sentiment qu’il nous faut régler des comptes, c’est qu’il y a, justement, des comptes en cours, c’est-à-dire que nous sommes en dette, constate le psychiatre et thérapeute familial Serge Hefez. Or ce sentiment de dette est de plus en plus exacerbé dans la famille contemporaine.

Auparavant, la famille servait à transmettre des valeurs et des règles pour bien vivre en société. L’amour était donné de surcroît. Aujourd’hui, la famille est devenue le lieu d’amour par excellence. Sa signification même est de s’aimer et d’être aimé. Du coup, le sentiment de dette n’est plus mesurable puisqu’il s’appuie sur le ressenti de l’enfant que l’on a été. »

Une souffrance dangereuse à exprimer

En elle-même, insistent les psys, cette souffrance est légitime. Mais l’exprimer peut être dangereux. Car celui qui va mettre sur la table familiale des souvenirs difficiles court le risque d’entendre sa parole dévalorisée : « Tu exagères », « Tu dis n’importe quoi », « Tu inventes ». Pire : « Demande à ta sœur, tu verras… » « Ce qui arrive à un enfant fait toujours sens dans sa réalité d’enfant, explique le neuropsychiatre et thérapeute familial Mony Elkaïm. Même si ce n’est pas celle des adultes ou des frères et sœurs.

Un enfant de 3 ans qui perd sa mère dans les allées d’un supermarché pendant quelques minutes avant de la retrouver au détour d’un rayon peut vivre ces minutes-là comme les plus longues de sa vie. Et avoir, une fois adulte, le sentiment que sa mère ne s’occupait “jamais” de lui. Mais la mère, elle, peut très bien ne s’être même pas rendu compte que l’enfant la cherchait. »

Sans compter les dénis de certains parents, parce que c’est insupportable d’entendre qu’ils ont mal aimé leur enfant alors qu’ils ont fait de leur mieux. Accepter que papa et maman ne soient pas parfaits, c’est prendre sa place dans une lignée, dans une généalogie pleine de failles, où des générations de parents ont fait ce qu’ils pouvaient, comme ils pouvaient, avec leurs propres souffrances et leurs propres ressentiments.

Grandir, « c’est faire avec ce qu’ils sont », nous dit Maryse Vaillant. L’acceptation des failles parentales est une des voies ordinaires de la maturité, celle qui permet de sortir du cocon de la dépendance première. « Vouloir régler ses comptes, poursuit Serge Hefez, c’est se comporter en petit enfant. Comme le nourrisson qui prête à ses parents la puissance et le pouvoir de le rendre heureux. »

D’autant que des règlements de comptes mal vécus renforcent chez l’enfant le sentiment de ne pas être écouté, voire de ne pas être aimé, puisqu’il a exposé sa souffrance et qu’elle n’a pas été entendue.

Déterminer ce que l’on veut profondément

Marina, 35 ans, se souviendra toute sa vie d’avoir accusé sa mère de ne pas l’avoir désirée. « Elle m’a regardé, dans ma colère et mon désarroi. Et, très froidement, elle m’a dit qu’elle m’aimait beaucoup, mais que, oui, si elle avait pu avorter, elle l’aurait fait. J’avais beau le pressentir, ç’a été pire de le savoir. Et de voir avec quel calme et quelle assurance elle disait ça, comme si c’était normal. Pire, comme si ça la soulageait de le dire alors que ça me déchirait le cœur. Je donnerais n’importe quoi pour ne pas avoir provoqué cette scène. »

Pour la plupart des thérapeutes, la vraie question à se poser avant d’exploser à la table familiale, c’est de savoir ce que l’on veut profondément : régler ses comptes au risque de tout briser ou trouver la voie pour améliorer notre relation aux parents.

Dans le deuxième cas, Mony Elkaïm imagine que l’on puisse leur dire : « Je suis sûr que vous avez fait du mieux que vous avez pu, mais voilà comment je l’ai vécu. Je ne vous le dis pas parce que je veux vous attaquer mais parce que vous êtes importants pour moi, que notre relation m’est essentielle. »

Parler différemment à sa famille peut lui permettre de nous écouter différemment. D’autres thérapeutes, comme Isabelle Filliozat, conseillent d’écrire. Non pas d’un jet, sous le coup d’une douleur, mais calmement, en pesant chaque mot. Non en accusant, mais en racontant notre propre souffrance.

Laisser enfin tomber la rancœur

Agnès, 42 ans, l’a fait. Elle se sentait étouffée par sa mère qui s’ingérait dans sa vie de couple et qui en savait toujours plus qu’elle sur l’éducation à donner à ses enfants. « Un soir, je lui ai écrit une longue lettre où je lui disais à quel point son amour était important pour moi mais combien il me paralysait. Il m’empêchait de grandir et de prendre, vis-à-vis d’elle, ma place d’adulte. Je lui ai expliqué combien elle me ramenait à un rôle de petite fille et combien j’en souffrais. Je n’ai pas posté la lettre tout de suite. Je l’ai relue, j’ai changé des phrases, tentant d’imaginer de quelle façon elle allait la recevoir. Puis je l’ai envoyée, l’angoisse au ventre, mais avec beaucoup de fierté d’avoir posé, face à elle, un geste d’adulte.

Quelques jours après, j’ai reçu une lettre dans laquelle elle s’excusait. Où elle me parlait de la façon dont sa propre mère lui avait manqué et comment elle essayait de réparer avec moi. Curieusement, nous n’en avons jamais parlé de vive voix. Mais son comportement a changé et je pense qu’elle en est heureuse. »

Une fois compris, avec Françoise Dolto, que « ce n’est pas de leur faute, c’est de leur fait », il est parfois plus facile de laisser tomber la rancœur. Tous ceux qui parlent du « métier de parents » oublient de préciser que l’on cherche l’adresse de l’école où il est enseigné. On n’apprend pas à devenir parent. On le devient grâce ou en dépit des relations que l’on a soi-même entretenues avec ses propres géniteurs. C’est en mesurant cette chaîne généalogique et en y tenant sa place, le jour venu, avec ses propres enfants et les reproches qu’ils nous feront, que l’on prend le chemin de l’acceptation. Et que l’on devient adulte."

Psychologies Magazine
Par Indigo
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Jeudi 21 août 2008
Nous ne sommes pas condamnés à suivre une voie tracée par les autres. Quelles que soient les contraintes auxquelles nous sommes soumis, il y a toujours dans ce qui nous arrive, une marge de manœuvre. C’est, selon Epictète, ce qui dépend de nous. Et c’est là que nous nous heurtons au problème du choix. Choisir, c’est abandonner le reste ! Et abandonner, c’est toujours avoir un deuil à faire ! Choisir demande du courage et parfois nous laissons la société choisir à notre place parce que nous sommes fatigués de nous battre.
Le changement de monde auquel nombre d’entre nous aspirent commence par un changement intérieur. De nouveaux comportements sont nécessaires dans notre quotidien. Le tour du monde commence par un premier pas. Ici et là, des initiatives individuelles nous montrent l’exemple de personnes qui ont fait le choix d’une vie plus en accord avec leur vérité, qui respecte leur rythme individuel et la satisfaction de leurs véritables besoins. Une vie qui met le bien-être et l’épanouissement de l’homme au centre des préoccupations.

Devenir acteur de sa vie
Si on n’est pas responsable de tout ce qui nous arrive, on l’est de l’attitude que l’on adopte face aux événements. C’est là notre responsabilité et c’est bien là que nous devenons acteurs de notre vie. Passer de la vie subie à la vie construite, c’est reprendre le pouvoir sur le destin au lieu d’en être le jouet. Voici quelques attitudes bénéfiques, génératrices de plus de joie de vivre :

Repérer ce qui dépend de soi
Dans toute situation difficile, repérer ce qui dépend de soi. S’interroger : dans ce qui m’arrive, que puis-je faire d’autre qu’attaquer, fuir ou me replier ? Car ces trois attitudes sont des comportements uniquement destinés à calmer l’émotion dans l’urgence, elles ne comblent pas les besoins menacés par la situation. Se demander « de quoi ai-je besoin ? de quel besoin insatisfait cette émotion m’informe-t-elle ? Que puis-je faire pour nourrir mes besoins (de sécurité, d’amour, de liberté, d’estime…) ?

Arrêter de « faire la gueule »
Si on n’est pas responsable de la gueule qu’on a, on est responsable de la gueule qu’on fait. L’affichage sur notre visage de nos soucis, de nos souffrances et de nos préoccupations ne nous rend ni sympathique, ni attirant, bien au contraire ! Les autres ont déjà leurs propres soucis, ils auront tendance à fuir afin de ne pas se laisser contaminer. Même si vous pensez que la tristesse de votre regard peut attendrir l’autre, sachez toutefois que la compassion n’aura qu’un temps. On vous accusera vite d’égoïsme et on fuira votre compagnie qui plombe l’ambiance !

Sortir de la « victimisation » :
On trouve facilement des raisons de se plaindre : le temps qu’il fait, une douleur se réveille, quelqu’un nous a contrarié, un projet s’éloigne… L’erreur est de croire que le bonheur ne pourra venir que plus tard quand tout sera réglé, que le bonheur, c’est toujours pour demain ! Et si on choisissait de voir plutôt la bouteille à moitié pleine, et qu’on cessait d’accuser les autres ou le destin pour se déresponsabiliser. Et si on prenait sa vie en main, telle qu’elle est pour l’assumer enfin ? « Si tu n’as pas ce que tu aimes, aime ce que tu as », dit le sage. Il s’agit simplement de changer l’angle de son regard. Et peut-être que les autres suivront ! La bonne humeur est contagieuse, faites-en l’expérience.

Faire des choix en fonction de ses priorités
Apprendre à faire des choix en fonction de ses priorités : les valeurs auxquelles nous croyons déterminent nos besoins, qui, à leur tour, déterminent nos choix comportementaux. Mais il arrive que nous ayons du mal à choisir, car nous avons des besoins contradictoires. Une partie de nous veut ceci, et une autre son contraire : je veux changer d’emploi et en même temps je ne veux pas quitter mes collègues ! Quel sera le besoin qui sera prioritaire dans mon choix : le besoin d’appartenance et d’amitié qui me retient ou le besoin d’estime de soi qui me pousse à chercher un travail plus valorisant ? En fonction de nombreux paramètres (mon âge, mon salaire, ma situation familiale, mon besoin de sécurité…) je choisirai de privilégier l’un ou l’autre de mes besoins. Quel que soit le choix que je ferai, je perdrai quelque chose et je gagnerai autre chose. Il faut accepter cette évidence, nous nous construisons au quotidien en faisant des choix de vie. Mais si mes valeurs sont respectées, je ne risque pas d’avoir des regrets.

Accepter d’être imparfait
Accepter d’être imparfait, car nous sommes des humains, nous ne pouvons pas être parfaits toujours et tout le temps. Se donner les moyens de faire de son mieux et tendre vers un idéal pour donner du sens à sa vie, c’est déjà marcher sur le chemin de la joie de vivre. Vouloir être ou paraître parfait, c’est se condamner à l’épuisement et à la déception. Avoir le courage de se heurter à ses propres limites et les faire reconnaître par les autres permet une économie d’énergie importante que l’on pourra investir dans des projets qui nous tiennent à cœur.

Dire « non » sans agressivité
On nous a bien plus appris à se soumettre qu’à s’opposer. Dire non, c’est toujours prendre le risque de décevoir, et le croit-on, de n’être plus aimé ! Mais dire « non » quand on pense non, c’est surtout affirmer sa vérité, être en accord avec soi-même, se montrer tel qu’on est, c’est une forme d’honnêteté vis-à-vis de l’autre. Un vrai « non » fera toujours moins de dégâts dans nos relations qu’un « oui » donné à contre-cœur.

Chasser les « oui, mais »
Faire la chasse aux « oui, mais » qui nous empêche d’agir. Bien souvent nous avons conscience des attitudes qui pourraient résoudre nos problèmes, nous savons ce qu’il conviendrait de faire, oui, mais…! Cette manière de se comporter nous conforte dans notre impuissance, nous ne prenons pas le risque de changer les choses parce que nous ne sommes pas sûrs d’être capables d’assumer les conséquences de nos actes. Alors, inconsciemment nous cherchons des excuses à notre inaction.
S’habituer progressivement à remplacer les « oui, mais » par des « oui, parce que » ou par des « non car », selon le cas, constitue une attitude plus responsable, plus adulte.

Apprivoiser ses peurs
C’est en découvrant le sens caché de nos peurs que nous les apaiserons. En nourrissant notre besoin de sécurité, nous deviendrons plus solides. L’autre, face à nous, ne constituera plus un danger potentiel. Il s’agit de s’interroger : « de quoi ai-je besoin pour ne plus avoir peur et que puis-je faire pour répondre moi-même à ce besoin ? Et pourquoi ne pas remplacer la peur par la confiance ? Faire confiance aux autres, à soi-même, à la vie. Prendre des risques calculés pour installer progressivement la confiance, pour enfin se libérer de l’illusion de pouvoir tout contrôler. Illusion qui engendre l’angoisse et l’échec : on finit toujours par oublier quelque chose !

Se lancer des défis surmontables
Deux raisons à cela, la première est que la joie naît du sentiment de maîtrise. En réalisant une action qui demande un effort, en accomplissant une tâche nécessaire à l’atteinte d’un objectif que l’on s’est soi-même fixé, on a le sentiment de contrôler sa vie. C’est dans les actes qu’il accomplit qu’un homme se construit. Nous ne sommes pas que des « êtres d’avoir ou d’être », nous sommes surtout des êtres de « faire ». La seconde raison est qu’en dépassant nos propres limites à travers un défi, nous nourrissons l’estime de soi. Notre estime se renforce à chaque contrainte dépassée par un effort volontaire, par chaque difficulté surmontée par un acte qui aura mis « en danger » notre stabilité intérieure et notre petit confort.

Savourer la joie
Si une vraie joie survient dans votre vie, savourez-la pleinement. Partagez-la, répandez-la autour de vous. Victor Hugo affirmait que « la joie que nous inspirons a cela de charmant que, loin de s’affaiblir comme tout reflet, elle nous revient plus rayonnante. »
Lorsque vous éprouvez de la joie, faites-en une expérience-ressource en créant une ancre dans votre corps. À la manière des sportifs qui, lorsqu’ils réussissent une performance, font un geste, toujours le même pour associer la joie éprouvée à un point précis de leur corps. Lorsque les choses iront moins bien, vous activerez cette ancre pour raviver ce souvenir heureux comme on ranime les braises qui couvent sous la cendre. Ainsi, la force de ce souvenir vous aidera à traverser le tunnel.

Travailler autrement
L’expression de la joie est, dans l’entreprise, politiquement incorrecte. On stigmatise volontiers celui qui affiche en permanence un air heureux. On l’accuse d’inconséquence, de manque de sérieux alors qu’on devrait le remercier de ne pas rajouter de la tristesse aux difficultés. Dans l’entreprise, osez sourire, osez affirmer haut et fort que la joie ne s’oppose pas au sérieux, mais qu’elle s’oppose à la peur. Que la joie déclenche dans notre organisme des hormones qui nous dopent naturellement (dopamine, noradrénaline, endorphines, entre autres), et nous rendent donc plus efficaces. Que la joie est, comme toutes les émotions, communicative, elle installe un climat de confiance et de collaboration dont tout le monde pourra tirer les bénéfices. La joie joue un rôle majeur dans la lutte contre les peurs, et ses bienfaits ne se limitent pas à l’individu, le collectif est concerné.
Patrick Viveret (Patrick Viveret Commissaire à la Cour des Comptes et philosophe, auteur du rapport « reconsidérer la richesse » et de « Pourquoi çà ne va pas plus mal » - Fayard - préface de livre de Dominique Chapot Et si on choisissait d’être heureux ? » Seuil), affirme que nous ne sommes pas dans une crise économique, mais dans une crise émotionnelle. Les tragédies qui secouent notre monde sont dues à la maltraitance de la nature, à notre conception guerrière des relations, et au stress que nous nous infligeons nous-mêmes dans notre course à la consommation à la compétition.

Le temps, c’est de l’argent ?
Courir toujours plus vite après le temps pour gagner plus d’argent pour consommer davantage. Toujours manquer de temps et d’argent. Et ne jamais trouver le temps pour l’essentiel. L’essentiel, c’est pour plus tard, pour ailleurs, dans une autre vie, quand on aura le temps ! Changer notre rapport au temps constitue l’une des clés vers une vie plus épanouie. Au lieu de courir après le temps, occuper le temps, puis tuer le temps avant de regretter le temps, ne pourrions-nous pas tenter d’apprivoiser le temps ? Retrouver un rythme plus près de notre propre rythme interne, ralentir, se ménager des pauses, renoncer à des activités dévoreuses de temps, pour vivre le plus souvent possible en accord avec soi-même.
Cessons, chaque fois que possible, de faire la guerre au temps qui passe. Nous retrouverons ainsi un grand espace de liberté, puisque, le temps c’est aussi de l’espace !

 

Dominique CHAPOT

Par Indigo
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Jeudi 21 août 2008

En fait de famille, il n’y a que des individus singuliers, explique le psychanalyste. Chacun a une problématique particulière et noue avec les autres des relations complexes.

Psychanalyste, Michel Plon travaille avec des adultes et des enfants. Il est l’auteur, avec Elisabeth Roudinesco, d’un remarquable “Dictionnaire de la psychanalyse” (Fayard, 2000).
 
Si les divans avaient des oreilles, ils entendraient nos incessantes récriminations sur les êtres qui nous ont donné la vie, sur nos oncles et tantes, nos frères et sœurs… Toute cure analytique semble être une histoire de « famille ». Pourtant, curieusement, ce terme ne figure dans aucun dictionnaire de la psychanalyse. Michel Plon nous explique pourquoi.
 
Psychologies : Pour un psychanalyste, qu’est-ce qu’une famille saine ?
Michel Plon : A strictement parler, ça n’existe pas. Le mot « famille » n’est pas un concept psychanalytique. Quant à l’adjectif « sain », il renvoie soit au discours médical, soit aux discours moraux. Et la morale est toujours celle d’une époque. Aujourd’hui par exemple, on parle de « famille monoparentale », mais dans les années 30 ou 50, on parlait sur le ton de la réprobation de « fille mère ». On ne pouvait même pas imaginer un père seul élevant ses enfants, et on concevait encore moins l’existence de « familles homoparentales ».
 
La famille n’est pas un concept psychanalytique. Pourtant, vos patients ne se plaignent-ils pas de la leur sur le divan ?
Michel Plon : Non. Ils se plaignent de personnes particulières – leur père, leur mère, leur frère, leur sœur – et de leurs relations avec ces personnes. En 1938, sollicité par le psychologue Henri Wallon pour rédiger l’entrée « famille »
de “L’Encyclopédie française”, Jacques Lacan substitue à cet intitulé celui de « complexes familiaux », renvoyant à la réalité psychique, effectivement complexe, que masque ce terme de famille.
 
Que sont ces complexes familiaux ?
Michel Plon : Lacan en distingue trois. Le « complexe du sevrage » : toujours plus ou moins traumatisant, le sevrage détermine la relation à la frustration, à la dépendance et aux limites ; le « complexe d’intrusion » : fréquemment activé par l’arrivée d’un cadet, il confronte à la jalousie, à la rivalité et à l’ambivalence affective (amour/haine), et, à partir de là, ouvre à la sociabilité et à la vie relationnelle ; enfin, le plus connu, le complexe d’œdipe, au cours duquel se construit la sexuation, le rapport aux identités sexuelles.
 
Quel rapport entre ces trois complexes et la définition de la famille saine ?
Michel Plon : Ils permettent de comprendre qu’en fait de « famille », il n’y a que des individus, avec leur problématique particulière, qui nouent entre eux des relations complexes. Cet ensemble relationnel favorise ou non la structuration psychique de l’enfant. En d’autres termes, du point de vue de la psychanalyse, une famille n’est ni saine ni malsaine, mais plus ou moins structurante, selon la façon dont les parents autorisent l’enfant à se détacher d’eux pour devenir un adulte le moins dépendant possible. Cette autonomisation se fait par les petits gestes quotidiens. Un enfant de 3 ans peut être suffisamment autonome et maître de son corps pour savoir nouer et dénouer ses lacets seul ; ou, à l’inverse, être incapable de s’approprier son ressenti, car confronté à une mère ou à un père qui, par exemple, lui ôtent d’autorité son manteau dès qu’eux-mêmes ont chaud.
 
Pourquoi y a-t-il des familles où l’on se parle, où l’on se chamaille, et d’autres où le silence règne ?
Michel Plon : Les parents répètent, le plus souvent, ce qu’ils ont vécu durant leur enfance à travers les complexes évoqués précédemment. Des individus élevés dans un contexte plus proche de l’animalité que de l’humain – ayant subi, par exemple, un sevrage violent, des séparations brutales, des conduites parentales jamais explicitées – auront des difficultés à exprimer ce qu’ils ressentent avec des mots et à écouter leur enfant. Ils risquent donc de l’empêcher de se structurer dans et par le langage, handicap qu’il transmettra à ses propres enfants. C’est ainsi que naissent les familles où l’on ne se parle pas.
 
Les grands-parents sont-ils importants pour la structuration psychique des enfants ?
Michel Plon : Oui, mais ne généralisons pas. Cela dépend beaucoup de la façon dont ils ont interprété leur rôle parental. S’ils n’ont pas encore réglé leurs comptes avec leurs propres enfants, ils sont, au contraire, susceptibles de parasiter, donc de déstructurer, la relation parents-enfants, par exemple, en inculquant à leurs petits-enfants des principes avec lesquels leurs enfants sont en désaccord.

Par Indigo
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